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Sheki : la ville montagnarde d'Azerbaïdjan classée à l'UNESCO

Publié le 2026-07-22 · 5 min de lecture

Sheki : la ville montagnarde d'Azerbaïdjan classée à l'UNESCO

À environ 325 kilomètres au nord-ouest de Bakou, nichée dans les contreforts méridionaux du Grand Caucase à une altitude comprise entre 700 et 900 mètres, se trouve Sheki (Şəki) — l'une des plus anciennes villes d'Azerbaïdjan habitées de façon continue et, depuis 2019, un site du patrimoine mondial de l'UNESCO. Là où l'histoire immobilière de Bakou se joue surtout autour des tours de l'ère pétrolière et du front de mer caspien, celle de Sheki se raconte à travers les caravanes de soie, les khans et un centre historique fortifié resté quasiment intact depuis deux siècles et demi.

Un centre historique classé à l'UNESCO

En 2019, l'UNESCO a inscrit le « Centre historique de Sheki avec le palais du Khan » sur la Liste du patrimoine mondial — la décision ayant été prise, symboliquement, lors de la 43e session du Comité du patrimoine mondial, tenue justement à Bakou. Le classement couvre le tissu dense de la vieille ville : maisons à cour traditionnelles, ateliers et bâtiments publics, construits pour l'essentiel après une inondation dévastatrice en 1772 qui a contraint la ville à se déplacer et à se reconstruire plus haut, plus près de la rivière Kish, sur son site actuel. Contrairement à Icherisheher à Bakou, une enclave fortifiée au sein d'une métropole moderne, le centre historique de Sheki constitue la ville elle-même — une bourgade montagnarde d'environ 60 000 habitants où l'architecture des XVIIIe et XIXe siècles reste tout simplement le lieu où les gens vivent et travaillent.

Le palais du Khan

La pièce maîtresse incontestée est le palais du Khan de Sheki (Şəki Xan Sarayı), construit entre 1762 et 1797 comme résidence d'été des dirigeants du khanat de Sheki, fondé par Haji Chalabi Khan en 1743. Ce palais de deux étages est célèbre avant tout pour ses fenêtres shebeke — des vitraux en treillis complexes assemblés à partir de milliers de petits morceaux de verre coloré et de bois, sans le moindre clou ni la moindre goutte de colle, une technique que des artisans locaux pratiquent encore aujourd'hui. Les murs intérieurs et les plafonds du palais sont recouverts de fresques élaborées représentant des scènes de chasse, des batailles et des motifs floraux, peintes par des maîtres locaux et largement conservées dans leur forme originale. Il reste le site le plus visité de la ville et l'ancrage de son économie touristique.

Des caravansérails sur la route de la soie

L'autre grand héritage architectural de Sheki, ce sont ses caravansérails — des auberges fortifiées en pierre construites au XVIIIe siècle pour héberger les marchands et leurs marchandises le long d'une branche de la route de la soie qui traversait la ville, alors l'un des centres régionaux du commerce de la soie. Le Yukhari Karvansaray (le Haut), le plus grand des deux édifices subsistants, a été transformé en hôtel d'environ 200 chambres organisées autour de sa cour de pierre voûtée d'origine, offrant aux visiteurs l'occasion rare de dormir dans un authentique bâtiment marchand médiéval. L'Ashagi Karvansaray (le Bas), plus modeste et situé plus près du bazar, a fait l'objet d'une restauration plus limitée mais demeure un exemple frappant du même type de construction. Ces deux bâtiments illustrent un schéma que l'on retrouve dans une bonne part du potentiel immobilier de Sheki : des édifices patrimoniaux reconvertis pour l'hôtellerie plutôt que démolis ou laissés à l'abandon.

La ville de la soie

La richesse de Sheki s'est bâtie sur la soie. Au XIXe siècle, la ville était l'un des grands centres de production et de tissage de la soie du Caucase, et en 1861-1862 y fut établie une filature de soie mécanisée grâce à des investissements industriels russes — l'une des premières du genre dans la région. Bien que l'industrie se soit considérablement réduite depuis l'époque soviétique, le tissage de la soie survit comme artisanat, et Sheki est également célèbre dans tout l'Azerbaïdjan pour un tout autre produit local : le halva de Sheki, une confiserie dense, imbibée de sirop et garnie de couches de noix, qui demeure l'un des produits les plus emblématiques de la ville.

Comment s'y rendre

Le trajet en voiture entre Bakou et Sheki dure environ quatre heures et demie à cinq heures sur l'autoroute M4, en passant par Ismayilli et Qabala. Pour ceux qui préfèrent l'avion, l'aéroport international de Sheki, ouvert en 2012 à environ 12 kilomètres du centre-ville, propose de courts vols intérieurs depuis Bakou de moins d'une heure, rendant les séjours courts et les week-ends bien plus pratiques que le seul trajet routier.

Pourquoi cela compte pour le tourisme et l'investissement

Sheki attire un visiteur très différent de celui du tourisme d'affaires et balnéaire de Bakou : des voyageurs en quête d'histoire, de paysages montagneux et d'architecture traditionnelle azerbaïdjanaise, dont beaucoup incluent la ville dans des circuits de plusieurs jours qui englobent aussi la Qabala voisine et l'église albanaise du village de Kish, à quelques kilomètres de la ville, l'une des plus anciennes églises chrétiennes du Caucase. Ce flux touristique constant, porté par le patrimoine, combiné à un parc de bâtiments historiques naturellement adapté aux maisons d'hôtes de charme et aux hôtels de type caravansérail plutôt qu'à un développement en hauteur, a fait de Sheki l'un des marchés immobiliers à vocation hôtelière les plus singuliers en dehors de la capitale. Son statut UNESCO lui confère à la fois prestige et protection — une combinaison qui détermine ce qu'il est possible de construire ou de rénover ici, et qu'il vaut la peine de bien comprendre avant d'envisager un achat dans la vieille ville.